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En Afrique, le savoir se transmet oralement, de génération en génération, à travers les mythes et les légendes. Ces derniers sont souvent illustrés par les masques, qui constituent les supports visuels de ce mode de transmission. Toutefois, cette utilisation de l’image n’est effective qu’en Afrique centrale et occidentale, les autres régions obéissant à la règle de l’islam interdisant toute représentation de la divinité, de l’homme et de l’animal.


Les masques, avec leur diversité de formes et de matières, se font les interprètes de l’art animiste selon lequel tout être et tout objet est porteur d’âme et peut accueillir une part du monde des esprits. Ancêtres et défunts, animaux et végétaux, incarnés dans le masque, en constituent les intermédiaires sur Terre. Les masques zoomorphes sont d’ailleurs particulièrement représentés en Afrique de l’Ouest. Permettant de concrétiser visuellement ce qui relève de l’imaginaire et de l’abstraction, sans avoir recours à une anthropomorphisation, ils manifestent les forces vitales de la nature et les entités invisibles avec lesquelles l’homme tente de pactiser. 

Dans cette approche animiste, les rites d’initiation sont de la plus haute importance puisqu’ils confèrent aux initiés la faculté de comprendre les messages transmis par l’art et le pouvoir de réaliser des objets « animés ». C’est là que se pose toute la question de l’authenticité des objets d’art africain, qui ne peut être définie par l’âge de l’objet ou sa qualité artistique, mais qui doit tenir compte de son usage et du respect des rituels ancestraux pour sa fabrication. En Afrique, chaque étape de l’élaboration d’un masque est en effet ritualisée : depuis le choix des matériaux (bois et matériaux sacrés et/ou porteurs d’une symbolique précise) et couleurs, jusqu’à leur désacralisation ou à leur destruction. Rien ne doit être laissé au hasard, car le masque a une âme, il est vivant... Bien entendu, cela ne signifie pas que l’aspect esthétique n’ait pas d’importance ; souvent, plus sa facture est soignée et équilibrée, plus le masque sera puissant…

 

Enfin, puisque la tradition des masques, particulièrement vivace, s’inscrit dans la vie quotidienne des populations, les types évoluent, l’esthétique change, les influences se multiplient, seule leur sacralité perdure.

 

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