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L’histoire des masques commence, en Amérique centrale et méridionale, bien avant l’arrivée des Conquistadores. Utilisés par les hommes dans le cadre de rites agraires, de rituels propitiatoires pour la chasse ou la guerre, ou encore afin de marquer leur appartenance sociale ou de parer leurs morts, les masques constituaient également les attributs des dieux. Ils leur permettaient de manifester visuellement leur capacité à se métamorphoser, en animaux notamment ; aujourd’hui encore, cette spécificité du masque est exploitée par les chamans.

En Amérique centrale, et au Mexique en particulier, le masque peut représenter des êtres malfaisants, irrévérencieux, en marge de la communauté chrétienne. Il faut dire que la démonologie mexicaine se révèle d’une grande richesse. En effet, au symbolisme pré-hispanique se sont mêlés différents codes et légendes hérités de l’Occident chrétien. C’est ainsi que le personnage de la Mort est récurrent et se retrouve démythifié par sa présence dans les fêtes populaires. Les masques zoomorphes ou hybrides sont des modèles de prédilection pour la représentation des monstres et démons qui sont régulièrement mis en scène dans de nombreuses et diverses danses organisées à l’occasion des fêtes chrétiennes majeures. 

L’Amérique du Sud se divise en deux zones bien distinctes pour ce qui est de l’usage du masque, zones correspondant par ailleurs à un environnement naturel spécifique. La zone urbanisée et relativement occidentalisée – christianisée à tout le moins – connaît un usage des masques fort semblable à celui de l’Amérique centrale. Il convient toutefois d’insister sur l’importance du carnaval dans cette région… La deuxième zone est constituée de l’Amazonie. Les masques y sont utilisés lors de rituels ayant pour principal objectif d’influer sur l’environnement, à la fois hostile et pourvoyeur de vie. Les croyances ancestrales (esprits, démons, divinités) y sont encore très prégnantes malgré l’action des évangélisateurs ; ceci explique que les initiations, guérisons et autres rituels de première importance continuent de nécessiter la présence des masques.

Toutes les aires culturelles d’Amérique du Nord ont également leurs masques. Particulièrement influencés par le climat de la région dans laquelle ils ont été développés, les rites agraires et propitiatoires avant la chasse occupent une place de choix dans la « liturgie » amérindienne. Par ailleurs, les masques s’intègrent parfaitement à la fois dans le totémisme et le chamanisme. Dans le premier cas, le masque est perçu comme un marqueur social et permet de renforcer la cohésion entre les individus et, dans le second, il est outil de communication avec le monde invisible, les ancêtres originels et les esprits de la nature. 

 

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