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La répartition géographique des masques océaniens est inégale : ils sont presque exclusivement concentrés en Mélanésie (Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Irlande, Vanuatu, Nouvelle-Calédonie), les autres régions n’ayant recours au masque que de façon sporadique voire anecdotique, lui préférant tatouages et scarifications.

La Mélanésie dispose d’un art d’une diversité surprenante. Pour tenter de le comprendre, il faut garder à l’esprit que les objets ne se suffisent pas à eux-mêmes, qu’ils n’ont pas été réalisés pour la beauté du geste ou afin de promouvoir une esthétique ; les objets mélanésiens – masques compris – doivent être abordés dans leur contexte social, culturel et cultuel complexe, dans lequel le culte des ancêtres et la relation avec le monde des morts revêt la plus haute importance. 

Les rituels mélanésiens forment un système parallèle au monde des mots : ils ne miment pas une histoire mais donnent à voir des actions qui sont, en elles-mêmes et en dehors de toute explication, porteuses de sens ; l’objet, signifiant par lui-même, transmet un message qui ne peut être traduit verbalement. Les objets d’art mélanésiens, profanes et sacrés, sont et doivent être appréhendés comme des véhicules d’une communication non verbale à la fois destinée aux Hommes et aux Autres, qu’il s’agisse d’ancêtres, de divinités, de forces naturelles ou d’esprits. Mais l’art mélanésien n’est pas univoque : il confère plusieurs significations et niveaux de lecture à chacun de ses artéfacts, lesquels peuvent dès lors être interprétés différemment selon que l’on appartienne à telle classe d’âge, à tel grade initiatique, à tel groupe familial ou à tel sexe. 

Cette profondeur du sens – impliquant une nécessaire stylisation des formes et des couleurs – fait des masques les supports privilégiés et souvent éphémères de la communication avec les ancêtres.

 

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